Résumé
En 2009, ce Falcon a été envoyé pour mesurer au moyen de radar, la biomasse de la forêt guyanaise.
Celle-ci couvre la majeure partie de ce plus grand département français situé en Amérique du Sud.
La forêt tropicale humide est le système biologique qui stocke la plus grande quantité de carbone pour une surface donnée. Son rôle est donc très important dans le mécanisme du réchauffement climatique.
La forêt guyanaise est naturelle, c'est-à-dire qu'elle a subi très peu de perturbation par l'homme, l'ensemble du territoire Guyanais à hauteur de 90 % est couvert par la forêt, c'est absolument exceptionnel en zone tropicale. Et donc, ici on a un jeu de données qui nous permet d'une part, d'estimer le stockage de carbone forestier dans les forêts de Paracou.
Lilian BLANC - Chercheur au CIRAD - fonctionnement de la forêt tropicale de Guyane .
Et d'autre part suivre l'évolution de ce stockage dans le temps.
Vincent BESNOIT - Stagiaire au CIRAD
Mon travail, c'est d'exploiter les données lidar, c'est-à-dire un laser qui est monté sur l'hélicoptère qui envoie une lumière en direction de la forêt, à partir du temps qu'elle met pour remonter jusqu'à l'hélicoptère, on calcule la hauteur de la canopée .
Cet hélicoptère fait des survols sur la forêt, en traitant ces informations, on a un volume forestier et à partir de ces données-là, on est capable d'extraire des estimations de biomasse de la forêt.
Estimer la biomasse d'un arbre , c'est estimer son poids, il faut savoir que la moitié du poids d'un arbre c'est du carbone . En estimant le volume d'un arbre et son poids, on divise par deux, et on obtient la quantité de carbone qui est séquestrée dans un arbre . On travaille sur des parcelles de plusieurs hectares, on a ainsi une quantité de carbone ramenée à l'hectare.
Salut Anopé ?
Salut chef ? Ça va et vous ?
Tout se passe bien ? Vous redescendez ?
Oui, oui !
Ok ! Et bien on y va !
Pour mesurer le stockage, on a différentes méthodes.
Donc, ici on travaille sur 16 parcelles qui couvrent une surface de 125 hectares sur lesquelles on mesure tous les arbres de plus de 10 cm à hauteur de poitrine. Tous ces arbres sont numérotés, cartographiés, identifiés à l'espèce et mesurés tous les ans. Donc on a 25 années de relevés, on a débuté en 1984. On note l'état de l' arbre , s'il est vivant ou s'il est mort et on note chaque année tous les arbres qui arrivent au diamètre de précantage de 10 cm.
Donc on suit l'évolution de 90 000 arbres sur l'ensemble du dispositif de Paracou.
908 - 78 -
Donc on a besoin du diamètre de l' arbre , de sa taille, de sa hauteur si possible et on a besoin de la densité de l' arbre . La densité du bois, elle dépend de l'espèce de l' arbre , on a besoin d'identifier l' arbre .
Pour cela, on a besoin d'échantillons, de feuilles, de fleurs, de fruits selon la saison donc on a différentes techniques pour acquérir ses échantillons, soit avec un grimpeur avec Benjamin qui va directement dans l' arbre qui prélève ce dont on a besoin, soit alors en tirant au fusil pour essayer de faire tomber quelques branches.
Benjamin Leudet de la vallée - technicien CIRAD :
Là, ça fait un an que je suis en Guyane pour grimper et j'attaque ma deuxième année pour grimper avec le CIRAD. Ce sont des conditions difficiles, la chaleur qui n'est pas facile. Techniquement les arbres qui sont beaucoup plus grands aussi et deux ou trois petites bêtes, il y a toujours un risque avec les abeilles, mais c'est tellement un plaisir de grimper ici.
Benoît Burban - Technicien INRA :
Alors la tour Guyaflux est une tour qui permet de mesurer les échanges de gaz entre l'atmosphère et la forêt.
Pour se faire, l'idée s'était d'installer une série de capteurs au-dessus de la canopée .
Cette tour fait 55 mètres de haut, les capteurs sont positionnés 20 mètres au-dessus de la canopée . On va dire que le couvercle forestier fait environ une trentaine de mètres. Cette tour faisant 55 mètres, on est à peu près à 20 mètres au-dessus.
Donc les flux de Co2 et tout ce qui va concerner la photosynthèse et la respiration. Et les flux d'eau, c'est tout ce qui va concerner la transpiration.
On vient à raison d'une fois par semaine pour pouvoir relever des données, qui sont des données de mesure de flux, des données météologiques et des données de profils de Co2.
Depuis plusieurs années on donne un rôle beaucoup plus important pour la forêt comme mécanisme permettant soit d'atténuer les changements climatiques si on gère la forêt en conservant une couverture forestière importante. Soit alors, ça peut être aussi un mécanisme qui va au contraire va accentuer les changements climatiques si on continue sous le régime de la déforestation.
On essaie de tirer la sonnette d'alarme pour convaincre les gens de conserver les surfaces forestières et ce stock de carbone qui est extrêmement considérable.
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